Mobilité / Transport et sécurité routière

Niamey, capitale du Niger, a rejoint le réseau ASToN afin de répondre à la réduction du taux d’accidents et la congestion dans la ville. En effet, en 2019, 8 010 accidents ont été signalés, pour 112 décès et 707 blessures graves.

Cette problématique de sécurité routière est causée par un certain nombre de facteurs contributifs : les transports publics non-réglementés, la police routière qui manque de ressources, un contrôle technique insuffisant ainsi qu’un manque d’information et de compréhension de la part des citoyens.

Niamey en chiffres

  • Population : 1 285 161
  • Superficie : 670 km²
  • Densité de la population : 2 239 habitant/km²
  • Budget de la collectivité : 20 436 752 728 FCFA pour le fonctionnement et 38 135 845 038 FCFA pour l’investissement
  • Taux de pénétration du smartphone : 60-80%
  • Taux d'accès à internet : 40-60%
  • Participation des citoyens : Facebook, Whatsapp, Twitter
Mamoudou Mouctar ,
« Une ville intelligente est celle qui sait regarder ses faiblesses et les transformer en forces. C’est celle qui sait prévoir dès maintenant les grands changements du futur, par exemple le changement démographique et prévoir une infrastructure, des équipements et des services adaptés. »

Que signifie le terme « ville intelligente » ?

La Stratégie Numérique – Niamey 2.0 décrit les ambitions du Niger d’utiliser le numérique pour la développement du pays. Il comprend des domaines de travail spécifiques tels que E-gouvernement, pour digitaliser l’administration. Aussi que Innovation City, qui vise à renforcer l’écosystème numérique, à travers l’enseignement du codage et le lancement de ‘open innovation’.
La Stratégie Nationale des Transports 2017 – 2025 avec l’objectif d’améliorer les transports en commun, la capacité, les sites et la gestion, aussi que l’amélioration de la circulation.

Secteur d’intervention privilégié
pour ASToN

MOBILITÉ & SÉCURITÉ ROUTIÈRE

La thématique choisie par Niamey est mobilité & sécurité routière.

Pour la ville de Niamey, l’objectif principal de ce travail est de répondre à la réduction du taux d’accidents et la congestion dans la ville. En 2019, 8 010 accidents ont été signalés, pour 112 décès et 707 blessures graves.
Ces problèmes sont causés par un certain nombre de facteurs contributifs; les transports publics non-réglementés, la police routière qui manque de ressources, et un contrôle technique insuffisant.
Les transports publics, constitués de minibus appelés « faba-faba » et de taxis, ne sont pas coordonnés de manière centrale, il n’y a pas d’horaire ni d’arrêts dédiés. Les véhicules sont souvent non immatriculés et en mauvais état. La police routière opère avec insuffisamment d’agents et d’équipement, et sans une base de données numériques. Finalement, il y a des nombreux véhicules sur la route qui n’ont pas passé leur contrôle technique et c’est un défi d’encourager plus de gens à le faire. Tout cela contribue à la question de la sécurité routière de Niamey.

Constatation : le point de départ pour affronter ces problèmes

Les observations suivantes définissent la situation actuelle dans la ville de Niamey, avec un focus spécifique sur les questions de sécurité routière. Fondées sur les recherches menées au cours de la phase 1, ces constatations expriment les forces et les faiblesses à prendre en compte, qui sont souvent liées entre elles.

La croissance démographique et l’élargissement de la ville signifient qu’un système de transport efficace est impératif.

Entre 1952 et 2020, la population est passée de 12 000 à 1,5 million d’habitants. En même temps, la surface de la ville est multipliée par 30. Ce processus est décrit par le Professeur Henri Mocho de l’Université Abdou Moumouni de Niamey comme « urbanisation galopante ».

L’autorité locale a de solides compétences en matière de leadership et dans le suivi des campagnes de sensibilisation auprès des citoyens, mais il y a des lacunes dans les capacités numériques.

La ville a récemment lancé une campagne de sensibilisation des citoyens au sujet du port du casque et de la ceinture de sécurité dans le trafic. Ils ont également mené une campagne pour améliorer la propreté de la ville, Niamey Nyala, dans lequel les citoyens sont encouragés à nettoyer leur zone.
D’autre part, l’autorité locale n’a pas de capacité numérique interne suffisante. Deux sites internet pour la ville avaient précédemment été créés mais aucun n’était actif au moment des recherches.

Le projet bénéficie d’un fort soutien du Maire, ainsi que d’un alignement avec l’agenda politique plus large, mais ceux-ci pourraient changer lors des prochaines élections.

Le travail mené par l’ANSI sur le Plan stratégique de développement Niger 2.0 et l’utilisation de la ville de Niamey comme partenaire clé sur certains axes du plan, donnent beaucoup d’espace à des projets comme ASToN pour la ville de Niamey. Néanmoins, en 2020/2021 deux élections devraient avoir lieu. Les deux pourraient avoir un impact sur le projet. Les élections locales doivent avoir lieu en Novembre 2020, et les élections présidentielles en Mars 2021.
Dans son discours d’ouverture de la session budgétaire le 16 Décembre 2020, le Président de la Délégation Spéciale de la Ville de Niamey a invité l’ensemble du personnel à plus de responsabilité et d’abnégation au travail. Pour cela l’administration sera modernisée à travers une digitalisation des process afin d’améliorer les services rendus à la population.

Les données constituent une lacune important pour l’autorité locale, à la fois en termes d’accès à celles-ci et d’utilisation de celles-ci pour la prise de décision.

Toutes les organisations, le secteur privé ainsi que le public, ont du mal à recueillir des données pertinentes pour leurs projets. Le secteur public pourrait jouer un rôle dans la gestion des données, alors la volonté politique de recherche et d’analyse des données est nécessaire avant toute prise de décision.

L’engagement des groupes locaux offre une nouvelle opportunité de coordonner et d’aligner le secteur d’une manière qui n’a pas été le cas auparavant.

Dans le passé, le secteur des transports a été très cloisonné avec une communication limitée entre les organisations et équipes. De nombreux participants au groupe d’action locale ont mentionné cela comme un risque pour le projet : « il y a un manque de coordination et alignement du secteur de transport ». Cependant, beaucoup estiment que des progrès ont déjà été réalisé grâce à la création du groupe d’action locale. L’enjeu pour la ville est de maintenir cet espace d’échange et de travail.

Le secteur privé manque de confiance dans le travail avec le secteur public.

De l’extérieur, il n’y a pas une distinction très claire entre le niveau national et le niveau local, ils sont juste considérés comme le « secteur public ». Pour plusieurs représentants du secteur privé, notamment start-ups, entrepreneurs et acteurs du domaine de l’IT, le gouvernement ne communique pas bien et que les projets n’ont pas de suivi. Du point de vue des startups, un représentant a affirmé pendant la session de travail : « il faut oser travailler avec des start-ups ».

Les citoyens ne comprennent pas toujours la sécurité routière, mais les autorités locales pourraient faire davantage pour comprendre leurs citoyens.

Le consensus général est que le manque d’information et de compréhension de la part des citoyens est un facteur clé de la sécurité routière. Les participants du groupe locale ont dit que « les citoyens doivent être sensibilisés, beaucoup d’entre eux ne connaissent même pas les règles de la route ».
Mais à ce jour, les efforts déployés pour comprendre les citoyens et leurs besoins sont insuffisants et cela présente un risque pour le projet.